Parc Schuman : pour un moratoire immédiat – communiqué de presse
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Montrouge, les Hauts-de Seine, le parc Schuman menacé :

Les Écologistes de Montrouge et le collectif CAPAJ demandent un moratoire immédiat du projet de 12 millions d’euros très largement contesté !


Le parc Schuman actuel est un refuge de fraîcheur à la végétation luxuriante et pourvu d’un léger relief. Il est décrit sur le site de la ville comme « le plus romantique des squares de la ville ». Il constitue un des rares lieux d’apaisement où l’on peut se ressourcer dans le centre-ville de Montrouge, 5e ville la plus dense de France. La volonté annoncée de la ville d’agrandir le parc sur l’avenue de la République avec la démolition de deux vieux immeubles constituait la promesse bienvenue d’accroître la part des espaces verts dans une ville qui en est très faiblement dotée : 1,6 m2 d’espaces verts par habitant contre les 10 m2 préconisés par la Région Île-de-France et l’Organisation Mondiale de la Santé.

Hélas, alors que l’acquisition des 2 immeubles reste hypothétique, la réorientation du projet, l’opacité et la non-prise en compte des concertations font craindre un gâchis financier et un désastre écologique. Le coût excessif de 12 millions, soit environ 10 % du budget annuel de la ville de Montrouge, ne peut se comprendre qu’au regard d’un changement d’usage auquel le nouveau projet destine le parc Schuman. Le parc, entièrement réaménagé, aura désormais vocation à « valoriser » le futur restaurant construit dans l’enceinte du parc avec ses annexes (dont une voie d’accès carrossable avec aire de retournement). Il est pourtant facile de vérifier que l’offre de restauration est déjà riche dans ce quartier de Montrouge. En outre, il n’est pas assuré que le coût annoncé couvre l’ensemble des dépenses associées au projet.


Le calme et le charme certain du parc Schuman, très appréciés par les Montrougiens, se transformerait en une mise en vitrine pour convives attablés, au détriment de l’église Saint-Jacques, classée monument historique, dont le parc est actuellement l’écrin. Pour assurer une vue dégagée aux clients du restaurant, le parc serait nivelé et tous les espaces verts réagencés. L’accord de l’Architecte des Bâtiments de France semble avoir été obtenu sans mentionner explicitement la construction du restaurant.
Le chantier, prévu dès le printemps prochain, entraînerait la disparition de la faune et d’oiseaux protégés et la destruction de la biodiversité de ce site exceptionnel. Cette perspective inquiétante devrait susciter l’organisation d’un inventaire du patrimoine naturel du site, demandé par les associations de protection de la nature, avant toute intervention concernant cet écosystème vulnérable.


L’inventaire est indispensable pour évaluer les impacts environnementaux et prendre les mesures de protection, d’évitement et le cas échéant de restauration, des espèces végétales et animales du parc. Mais la majorité municipale de Montrouge s’y refuse, faisant table rase de l’existant et exhibant les images de synthèse du projet sans répondre aux légitimes inquiétudes sur son coût et son impact écologique. Ce faisant, elle ignore les habitants et les associations de protection de la nature.
Le CAPAJ, collectif local de défense de l’environnement et du cadre de vie de Montrouge porte une pétition signée par 3 000 personnes (un record pour une pétition locale). Cette pétition demande un inventaire du patrimoine naturel du site et un moratoire du projet.

Les Ecologistes et le CAPAJ, demandent à la Mairie de Montrouge :

  • un moratoire sur le projet afin que soit organisé un véritable débat public prenant en compte les attentes des Montrougiens concernant cet espace vert emblématique de leur ville,
  • qu’un inventaire soit dressé par une organisation indépendante pour répertorier les espèces animales et végétales vivant sur le site.

Nous appelons à une marche festive et revendicative le dimanche 11 février à 16h dans le parc Schuman pour rassembler les citoyens vigilants sur l’usage de l’argent public et toutes celles et ceux qui ont à cœur de préserver notre patrimoine naturel citadin.