Municipales 2020: projet de programme
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Notre groupe s’est réuni plusieurs fois pour échanger sur un programme pour les élections municipales de mars 2020.

Pour nous, la lutte pour atténuer le réchauffement du climat et préserver la biodiversité est la priorité de notre époque, et cette lutte se déroule à tous les échelons, jusque dans les municipalités.

L’écologie n’est pas une composante de plus dans notre programme, n’est pas dissociable des efforts pour mieux agencer la ville, améliorer les mobilités, lutter contre l’injustice sociale, développer les activités, etc. Il s’agit d’un diagnostic qui prend en compte des externalités négatives pour faire apparaître le vrai coût des politiques; il s’agit d’une volonté d’arbitrer en faveur pas tant de la planète que d’une société humaine menacée dans son confort, dans sa joie et, à terme, dans sa survie. Cette écologie des grands principes doit s’incarner à Montrouge dans des mesures pertinentes, décidées dans le respect de la démocratie (la version “construction de consensus/compromis”, pas la version “dictature de la majorité”).

 

1. Décarboner l’activité municipale

Vous voulez pouvoir dire: nous, à Montrouge, on fait notre part du combat contre le changement climatique?

  • Adopter une délibération définissant un plan pour les achats responsables. Inclure des critères environnementaux (au minimum celui des émissions de GES et d’autres critères à débattre ex. plastique, qualité de l’air, déchets) dans tout appel d’offres (cf article L3111-1 du code de la commande publique avril 2019). Pour toutes les dépenses ne faisant pas l’objet d’un appel d’offres, il faudra préférer la solution la moins polluante, ce qui passe par une acculturation des personnels municipaux.
  • Étudier l’adoption d’un budget vert, en utilisant une méthode à définir mais qui pourrait être une comptabilité carbone (cf site http://www.bilans-ges.ademe.fr/) ou la norme comptable CARE (cf cabinet ComptaDurable http://www.compta-durable.com/comptabilite-environnementale-sociale/modele-care/– dans ce cas, cela passera par un débat politique large permettant de définir les ressources que nous souhaitons préserver).

Le message est que l’inclusion de critères environnementaux, en intégrant les fameuses externalités négatives, (1) permet d’évaluer le coût réel des choses, (2) permet des gains d’argent en évitant le gaspillage.

Sur le terrain, cela se manifeste de plusieurs façons: utiliser de la vaisselle consignable lors des événements municipaux, restreindre au maximum l’usage des véhicules thermiques jusqu’à l’adoption d’alternatives électriques, promouvoir (en collaboration avec les intéressés dont parents d’élèves) l’alimentation non-carnée dans les espaces de restauration gérés par la municipalité, auditer l’isolation thermique et la passivité énergétique (la norme RT2020, standard dans un an) des bâtiments municipaux., etc.

 

2. Diminuer la place de la voiture en ville et augmenter celle du vélo

La voiture étouffe dans la circulation, étouffe la circulation, nous étouffe par ses rejets. Pour les déplacements à l’intérieur de la ville, privilégions les mobilités douces.

  • Adopter des mesures de limitation ciblée du trafic type Zone à Trafic Limité. Limitation à 30km/h dans les rues résidentielles.
  • Mettre certains segments de rues en sens unique afin d’en détourner le trafic de transit motorisé et d’y instaurer le double sens cyclable.
  • Élargir les pistes cyclables sur les grands axes (format familial: 2,5m).
  • Subventionner les vélos mécaniques comme électriques.
  • Faire passer les bonnes pratiques en matière de sécurité vélo (ateliers d’acculturation): marquage du vélo (Bicycode), conduite prudente, port du casque.
  • Demander à la police de contrôler les vélos (contre le recel). Mettre en place des dispositifs de parking de vélo sécurisés.

Pour lutter contre le réchauffement du climat et l’empoisonnement de l’atmosphère, il faut décourager à la fois le trafic de transit hors des grands axes (par ex. rue Maurice Arnoux entre le boulevard périphérique et Bagneux) et le trafic résidentiel. Il ne s’agit pas d’interdire la voiture mais de brider ses usages les moins nécessaires afin de rendre plus sûr et efficace en priorité le trafic à pied et le vélo, sans exclure les autres engins.

 

3. Préparer la ville aux canicules de demain et d’après-demain

Pour notre confort à tous et en particulier aux plus fragiles, pour l’été 2020 comme pour l’été 2030, lorsque de futures canicules à plus de 40°C dureront des semaines, il nous faut rendre plus résiliente la ville.

  • Adopter un plan municipal pour préserver et développer les trames vertes (couvert végétal), bleues (cycles de l’eau), brunes (sol) et noires (éclairage).
    • Restaurer des sols de pleine terre partout où les surfaces artificielles ne sont pas ou plus nécessaires. Lorsque ce n’est pas possible, voir ce qu’il est possible de faire pour désimperméabiliser le sol.
    • Prévoir des dispositifs mécaniques (auvents pliables) et végétaux pour créer de l’ombre et de l’ombrage.
    • Encourager (par la subvention si nécessaire) les copropriétés et les bailleurs sociaux à végétaliser toitures et façades.
    • Replanter des arbres (essences locales et adaptées, comme les platanes).
  • Ajouter au PLU un avenant pour (1) adopter le principe du zéro artificialisation net (arrêter net la densification d’une ville qui a besoin de respirer).

Prioriser l’action sur (1) les écoles maternelles et maisons de retraite (2) les zones négligées plutôt que les espaces récemment refaits à grands frais que sont la place Émile Cresp ou les allées Jean-Jaurès.

 

Autres mesures

  • Adopter une Charte de la Construction et de la Promotion à l’exemple de celle de Bagneux afin d’en faire un outil pour promouvoir (1) le respect des bonnes pratiques éco-environnementales (2) le respect des 25% de logements sociaux (3) l’accession sociale.
  • Publier sur internet les données de la ville, comme le prévoit la loi.
  • Associer et faire participer dès le départ la population des quartiers concernés aux décisions d’urbanisme, de voirie et de circulation qui les concernent.
  • Promouvoir l’éco-citoyenneté.

 

Ce programme est une ébauche. Critiquons-le, complémentons-le, faisons-le évoluer.