Pour un service public de la petite enfance
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Trouver une place en crèche à Montrouge est de plus en plus compliqué. La fermeture de la crèche du 11 novembre et ses 66 places a restreint une capacité d’accueil déjà insuffisante. Montrouge ne comptait, avant la fermeture de la crèche, que 84 places d’accueil pour 100 enfants de moins de trois ans contre 91 places en moyenne dans les communes de Vallée Sud Grand Paris, l’intercommunalité de la ville. La majorité municipale justifie la fermeture de la crèche par les difficultés de recrutement des professionnels de la petite enfance, qui sont bien réelles. La perte d’attractivité des métiers est liée à des conditions de travail dégradées et des niveaux de rémunérations bas, aggravée par les difficultés à trouver un logement à proximité de son travail. Cette situation n’est toutefois pas irrémédiable, d’autres
communes ont mis en place des plans performants pour recruter et fidéliser les personnels dans les crèches publiques.

L’absence de volonté de maintenir un service public de la petite enfance s’explique par un choix essentiellement financier de la majorité de municipale : privilégier les délégations de service public aux grands groupes gérant les crèches privées plutôt que les crèches gérées en régie publique.

Pourtant, la publication du livre « Les ogres » montre que la concurrence entre les grands groupe de gestion privée des crèches a conduit à une baisse de la qualité des prestations (arrêt maladie sans remplacement, taux d’encadrement trop faible,…). Les personnels de la petite enfance pas assez soutenus et accompagnés ne peuvent plus accomplir leur mission convenablement.

Cette vision comptable de l’accueil à la petite enfance se déploie au détriment de la sécurité des enfants et de la confiance des familles. Les accidents se multiplient comme se fut le cas récemment à Montrouge où un garçon de 2 ans s’est grièvement blessé à la main dans un établissement privé de Montrouge.

Échelon de proximité par excellence, les communes sont devenues autorités organisatrices de l’accueil du jeune enfant.

La mairie de Montrouge doit prendre ses responsabilités en élaborant une politique répondant aux attentes légitimes des familles de Montrouge. La politique d’accueil de la petite enfance doit avoir pour objectif déterminant la sécurité des enfants et la qualité des prestations aux familles.

Les crèches publiques ou associatives, à Montrouge comme ailleurs, répondent à ces exigences de qualité et de sécurité de l’accueil. Il faut soutenir les structures de la petite enfance en élaborant en concertation avec les professionnels de la petite enfance et les parents un plan visant à attirer et fidéliser les personnels de la petite enfance :

  • Sensibilisation et valorisation des métiers de la petite enfance, par des évènements à destination des lycéens ou personnes à la recherche d’emploi
  • Aide à la formation des personnes souhaitant s’engager dans l’éducation des jeunes enfants, soutien dans la recherche d’un logement pour ces personnels,
  • Amélioration des conditions de travail avec l’expérimentation de la semaine de 4 jours ou l’aménagement des aires de jeux
  • Revalorisation des rémunérations.

Ces mesures mises en place à Montpellier, Lyon ou Roanne, ont porté des résultats encourageants. Le maintien des services publics exige une action volontariste des pouvoirs publics. En matière de petite enfance, la politique de Montrouge doit changer et placer au cœur de son action la qualité de l’accueil.