Parc Schuman : réduire le coût écologique et financier
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Le chantier du parc Schuman est une aberration économique et écologique menée par la majorité municipale de Montrouge sans prise en compte des attentes des Montrougiennes et Montrougiens.

Aberration économique car les 18 millions d’euros engagés par la majorité municipale pour le parc schuman, servent d’une part à racheter à prix d’or des terrains qui appartenaient précédemment à la municipalité, d’autre part à construire un restaurant et des équipements somptuaires sans lien avec l’objet du parc. L’annonce par la mairie d’un coût de 8,3 millions vise donc à semer le trouble et la confusion sur l’utilisation des fonds publics car ils se limitent aux seuls coûts des travaux, hors acquisitions foncières. Le budget total de l’opération d’aménagement du parc Schuman est trois fois supérieur à la rénovation du
groupe scolaire Rabelais, sans commune mesure avec les 250 000 euros engagés pour la rénovation du parc Renaudel. Ce montant budgétaire excessif correspond aux acquisitions foncières (immeubles situés aux 45-47 avenue de la République, qui avaient été vendus il y a quelques années par la mairie et l’imprimerie de la rue Sadi carnot) d’un montant de près de 9 millions d’euros et au choix d’installations onéreuses et non écologiques prévus par le projet comme la construction d’un restaurant, le bassin d’agrément devant le futur restaurant et le mur végétal à l’entrée du parc.

Aberration écologique car aucun inventaire sérieux de la biodiversité n’a été conduit sur le site qui abritait une diversité de la faune et de la flore remarquable pour une ville comme Montrouge. Par conséquent, aucune mesure de protection des espèces conforme aux préconisations visant à préserver la biodiversité, pourtant d’un coût modeste, n’a été prise pour s’assurer la conservation des espèces. Le comble pour un projet sensé « enrichir » la biodiversité, alors que Montrouge est sensément un territoire engagé pour la Nature.

Sans prise en compte de l’avis des citoyennes et citoyens de la ville car la décision d’implanter un « restaurant de qualité bistronomique » dans un espace vert ne correspond pas à une demande des habitants. Il y avait d’autres lieux dans la ville pour élargir l’offre de restauration à Montrouge, plutôt que dans l’un des rares espaces verts. L’implantation d’un restaurant dans un parc constitue un changement d’usage du parc qui perd son cadre accessible, calme et gratuit pour devenir un espace de valorisation d’une activité économique. Or la part déjà très insuffisante d’espaces verts à Montrouge, (1,6 mètre carré par habitant selon les chiffres de la préfecture), rend d’autant plus nécessaire que les trop rares parcs de la ville soient des espaces naturels de qualité pour les habitants et la biodiversité.

Lorsque nous avons demandé au maire en réunion publique de demander leur avis aux habitants de Montrouge sur l’implantation du restaurant dans le parc, une question qui ne leur a jamais été posée, ce dernier a fait mine d’approuver l’idée avant de la rejeter quelques jours plus tard en conseil municipal.

Lorsqu’un professeur d’écologie du Museum d’Histoire Naturelle exhortait la majorité municipale à dresser un inventaire de la faune et de la flore du site au cours de la réunion publique, la majorité municipale lui a répondu avec un mépris qui en dit long sur l’écoute des scientifiques, dans un domaine pourtant crucial comme la protection de la biodiversité.

Lorsqu’un conseiller municipal faisait remarquer au cours de la même réunion publique que le coût total du projet, y compris les acquisitions foncières, était le double de celui affiché par la mairie, le maire a répliqué en disant que celles et ceux qui questionnent le coût budgétaire du projet ne veulent pas d’espaces verts. Un raccourci pratique mais fallacieux.
Le projet de réaménagement du parc Schuman est un grand projet inutile, une dépense somptuaire et clinquante n’ayant pour seul objectif d’attirer de clients dans un restaurant construit dans l’un des derniers havres de nature de la ville. Le coût et l’impact écologique défavorable peuvent être réduits en renonçant aux équipements inutiles (restaurant, bassin d’agrément, mur végétal).

Les ressources écologiques et financières de la ville sont précieuses, il faut les gérer au mieux au lieu de les dilapider de façon ostentatoire !