Des logements abordables pour rendre Montrouge habitable
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Montrouge est devenue une ville trop chère pour se loger.
Le prix moyen d’un appartement à Montrouge est à peu près de 7 800 euros le mètre carré en octobre 2023, soit une augmentation de près de 30 % en 10 ans. En 2021, Montrouge était la 25e ville la plus chère de France selon le classement Meilleurs Agents BFM.

En conséquence, Montrouge a perdu 1200 habitants entre 2015 et 2021 selon les chiffres de
l’INSEE. Sur la même période, le nombre de résidences principales a baissé de 500 unités,
tandis que le nombre de résidences secondaires et logements occasionnels doublait.

Il y a un enjeu majeur à rendre la ville habitable par les classes moyennes et populaires : au-delà de la nécessaire mixité sociale, il est de plus en plus difficile de retenir les travailleurs essentiels dans une ville où ils ne peuvent pas se loger. Une ville a besoin d’artisans, de professeurs, puéricultrices, assistantes à domicile,…., pour fonctionner et offrir des conditions de vie satisfaisantes à toutes et tous.

L’inaction en matière de logement de la majorité est d’autant plus incompréhensible : la priorité accordée aux immeubles de bureaux et de standing dans les opérations d’aménagement de la ville n’a pas cessé. Il y a pourtant des leviers d’action possibles et souhaitables comme le prouve les mesures prises dans d’autres communes pour rendre le logement abordables :

  • Encadrement des loyers : L’encadrement des loyers est un dispositif qui limite l’augmentation du loyer lors de la mise en location d’un logement avec un bail d’habitation (y compris bail mobilité). Il s’applique dans les communes situées en zone tendue. Montrouge, tout comme l’intercommunalité dont notre ville fait partie, Vallée Sud Grand Paris, est éligible à l’encadrement des loyers si les élus le votaient. L’évaluation de ce dispositif montre qu’il obtient des résultat : à Lyon-Villeurbanne, les annonces affichant des loyers excessifs a baissé de 9 points, tandis que 200 000 euros de trop perçu étaient versés aux locataires.
  • Accession sociale à la propriété : le bail réel solidaire permet à des ménages même modestes de devenir propriétaires de leur logement (le bâti) à un prix plus bas de 20 à 40 %. Un organisme de foncier solidaire (OFS), c’est-à-dire une structure agréée par l’État et à but non lucratif, garde la propriété du terrain. Il s’agit également d’un dispositif anti-spéculation immobilière dans la mesure où la revente du
    bien se fait au prix initial corrigé de l’inflation. Ce dispositif se développe dans plusieurs villes françaises. Paris vient de l’inscrire dans son PLU.
  • Régulation des locations de tourisme : Montrouge devrait suivre l’exemple de plusieurs villes, comme Malakoff ou Paris en soumettant par la mise en application de la limitation des locations de meublés touristiques. Il s’agit d’appliquer la réglementation grâce à un enregistrement informatisé des locations touristiques et de leur compensation quand la durée de location mensuelle dépasse un seuil de 120 jours par an. Ce dispositif a été créé dans le cadre de la loi Alur en 2014 et consiste à contraindre un propriétaire transformant une surface de logement en surface commerciale (pour un meublé de tourisme) à recréer une surface équivalente en logement sur le territoire communal.

Cette inaction se retrouve également dans le manque de logement sociaux alors que
Montrouge n’a pas augmenté la part de logements sociaux en 15 ans et préfère payer les pénalités pour non conformité à l’objectif de 25 % de logements sociaux dans le parc de la ville.

Les logements inabordables ne sont pas une fatalité ! Saisissons les possibilités disponibles pour rendre Montrouge habitable !